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LA CHAPELLE SAINTE FOY

( La nef est accessible aux personnes à mobilité réduite mais l’accès au chœur est limité par la largeur de 81 cm du portillon de la barrière de communion )

 

 

 

 

À deux pas de la place de la Comédie, au cœur d’un des quartiers les plus commerçants et les plus fréquentés de notre cité, la chapelle des Pénitents blancs est un bijou de l’art baroque, un havre de paix et de prière au milieu de l’agitation du XXI° siècle. Signalée par le pontet qui enjambe la rue Jacques Cœur et la relie au Musée Languedocien, elle présente une façade sobre ornée de trois bandes, ainsi qu’un beau portail classique. Son exceptionnel plafond peint ainsi que sa décoration en bois doré la firent même surnommer, avec une exagération toute méridionale, la "Sixtine du Languedoc".

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Photo Antoine de Parseval

 

 

 

 

 

 

 

 

La statue-reliquaire de Sainte-Foy à l'abbaye de Conques

 

LE MARTYR DE SAINTE FOY, PATRONNE DE LA CHAPELLE

La chapelle des Pénitents blancs est placée sous le vocable de Sainte Foy. Cette vierge âgée d’une douzaine d’années fut martyrisée à Agen en 290 ou 303. Selon le récit le plus répandu, elle était restée en ville lors de l’arrivée du procurateur Dacien chargé de faire appliquer les rescrits antichrétiens des coempereurs Dioclétien et Maximien. Son jeune âge et la haute position sociale de sa famille devaient, pensait-on, la protéger, Mais elle fut dénoncée et arrêtée. Ayant refusé d’offrir un sacrifice à la déesse Diane, elle fut placée sur un gril brûlant. Mais une rosée miraculeuse dispensée par une colombe l’éteignit. Devant l’émeute et les conversions qui étaient en train de se multiplier, l’exécution fut reportée. Caprais, évêque de la ville qui avait conduit sa communauté dans les montagnes voisines en fut informé et retourna en ville se livrer pour être auprès de Foy. Ils furent tous les deux discrètement décapités quelques jours après, en compagnie de ceux qui s’étaient convertis lors du miracle. Le culte de Sainte Foy fut étroitement associé à celui de Saint Caprais auprès de qui elle était enterrée à Agen. Il fallut attendre le transfert, ou plutôt le vol, de ces reliques pour que son culte se développe à partir du X° siècle, à l’Abbaye de Conques. Le roi Pierre d’Aragon, devenu par son mariage avec l’héritière des "Guilhem" le nouveau seigneur de Montpellier, consacra même ses états à cette Sainte. Par la suite elle devint patronne secondaire de la chevalerie et sa dévotion s’étendit en Angleterre, en Espagne et au Portugal, puis en Amérique où nombre de villes portent le nom de Santa Fe.

 

Le  martyr de Sainte-Foy, Miniature du XV°siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MONTPELLIER / MONTPELLIERET : LA FORMATION DE L'ECUSSON

La chapelle Sainte-Foy est apparue à un moment clef de la formation de Montpellier. En effet au XII° siècle, la ville, en pleine expansion était enserrée dans une enceinte construite dans la première moitié du siècle par la dynastie seigneuriale des Guilhem. Sur le plan religieux, la cité ne comptait qu'une seule paroisse, Saint-Firmin, mais l'église Notre-Dame-des-Tables, qui était un important lieu de pèlerinage, aspirait à son autonomie. Tout au long du siècle, différents faubourgs se développèrent à proximité des remparts. Deux d'entre eux, Flocaria et Montpellièret, existaient depuis longtemps et ne dépendaient pas des Guilhem, mais de l'évêque de Maguelone, représenté par le prieur Saint-Denis de Montpellièret. Cette église, qui se trouvait au niveau de l'actuel lycée Joffre, était aussi leur paroisse. Situés contre la porte d'Obilion, ils s'étendaient contre le rempart Est, le long du chemin des pélerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, le Cami Roumieu. Ce nom de Ro(u)mieu rappelle que, en sens inverse, d'autres pèlerins cheminaient vers Rome, qui restait le principal lieu de pèlerinage de l'Occident.

Montpellier au début du XVI° siècle. En haut à droite, Saint-Denis de Montpellièret. Les lettre A et B désignent les clochers de Notre-Dame-des-Tables.

Puis à partir de 1204-1205 (ces dates restent sujettes à discussion) un rempart beaucoup plus grand, la commune clôture. Sa forme donna au centre ville de Montpellier son nom d'Écusson. Désormais intra muros, Montpellièret et Flocaria continuèrent cependant d'être sous la juridiction de l'évêque, puis, sous le nom de Rectorie, du roi de France à partir de 1293. Cela leur donnait un statut particulier dans la une ville dépendant des rois d'Aragon puis de Majorques.

Cette division administrative perdura même après le rachat de la ville par le roi de France en 1349. Elle ne cessa qu'en 1551. Sur le plan religieux, la paroisse Saint-Denis-de-Montpellièret ne disparut qu'avec la destruction du prieuré lors des Guerres de religion.

Extrait légendé du Plan de Montpellier à la fin du Moyen-Age, par Jacques Fabre de Morlhon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                      

                                              

Malheureusement nous ne connaissons rien de l’aspect de la chapelle à cette époque si ce n’est son plan rectangulaire terminé par une absidesemi-circulaire. Rien ne permet notamment de savoir si elle était voûtée. Nous ne pouvons que supposer, par analogie avec d’autres églises contemporaines, qu’elle était de style roman. En revanche la citation de 1241 nous aprend que la chapelle était dôtée d'annexes sans doute destinée au logement du clergé. Puis, le 27 mars 1242, l'évêque de Maguelone, Jean II de Montlaur, décida que la chapelle abriterait les séances solennelles de la Faculté des Arts, (enseignement général comparable à notre actuel second cycle). En 1343, la chapelle fut un temps en prieuré tout en continuant à dépendre de Saint-Denis de Montpellieret.

Vers 1380, en pleine Guerre de Cent ans, la chapelle fut embellie, voire agrandie, en réparation des exactions commises lors de la révolte des Montpelliérains contre le duc d’Anjou, frère de Charles V et gouverneur du Languedoc. Trois chapellenies y furent fondées par son neveu, le roi Charles VI. Un hypothétique clocher tour aurait été ajouté à cette époque. On le voit sur une ancienne vue cavalière de la ville, la cosmographie de Münster (ci-contre). Toutefois, réalisée plusieurs décennies après le voyage de l’artiste, cette gravure n’est pas toujours fiable et ce détail pourrait n’être qu’une convention de représentation d'une église. Si en 1965 certains ont pensé identifier ses fondations lors de la construction d’un immeuble mitoyen, aucune fouille archéologique n’est venue le confirmer.

 

 

 

 

 

I - LA FONDATION DE LA CHAPELLE

 

Nous ne connaissons ni la date exacte ni les circonstances de la fondation de la chapelle Sainte-Foy. Elle était à la charnière des XII° et XIII° siècle sous la juridiction du prieuré Saint-Denis-de-Montpellièret (à ne pas confondre avec l'actuelle paroisse Saint-Denis distante de plus d'un kilomètre). Située dans le faubourg de Flocaria, elle desservait aussi celui de Montpelièret (voir encart ci-dessous). C’est le 12 juillet 1228 qu'elle fut citée pour la première fois dans le Bullaire de Maguelone lors du renouvellement des privilèges du chapitre de Maguelone par le Pape Grégoire IX :

ecclesiam Sancte Marie de Tabulis loci ejusdem, cum capella Sancti Fidei ...

Nous y apprenons que la chapelle Sainte Foy, qui était pourtant toujours sur le territoire de la paroisse Saint-Denis-de-Montpellièret, était desservie par le clergé de Notre-Dame-des-Tables, qui dépendait lui de la paroisse Saint-Firmin. Mais le texte ne précise pas depuis combien de temps cette situation existait. Puis Grégoire IX décida par une bulle du 12 mars 1241 que l’ecclesiam Sancte Fidis de Monte Pessulano et domos juxta eam positas retourneraient dans la dépendance directe du prieur de Saint-Denis-de-Montpellièret. Ces changements s’expliquent par le fait que lachapelle était à l’intérieur de la nouvelle enceinte de 1204-1205 (voir encart ci-dessous) et plus proche de Notre-Dame-des Tables. En outre elle était séparée de Saint-Denis-de-Montpellièret par un profond vallon aujourd'hui comblé. Mais pour ce qui intéresse la fondation de la chapelle, ces deux citations sous-entendent deux statuts antérieurs à 1228. Cela montre que la chapelle existait depuis plusieurs années. Cela n'a rien d'étonnant car à cette époque la création d'une petite chapelle secondaire n'était pas systématiquement reprises dans les différents recueils d'actes juridiques.

Sainte-Foy fut donc vraisemblablement fondée dès le XII° siècle, le long du Cami Roumieu, chemin des pélerins de Saint-Jacques.

 

 

 

 

 

Montpellier au début du XVI° s. (détail de la cosmographie de Munster). La flèche rouge montre le clocher supposé de la chapelle Sainte-Foy. Au-dessus, indiqué par "cc" le prieuré de Saint-Denis-de-Montpellièret.

Le pontet qui enjambe la rue se rattache par son style au XV° siècle. Il faisait partie de l’hôtel particulier que Jacques Cœur fit édifier de l’autre côté de la rue. Son ampleur et sa qualité architecturale en faisaient certainement un élément de prestige ostentatoire de la résidence du fastueux financier de Charles VII. Rien ne permet actuellement d’affirmer qu’il y eut ou pas une ouverture vers la chapelle. Il aurait tout autant pu s’agir d’un passage que d’une pièce en surplomb. Contrairement à une idée répandue, il est exclu de l’assimiler à l'arc Pellissier, petit pont démontable construit en 1528 par les chanoines de Notre-Dame-des-Tables. Ces derniers étaient à cette époque logés dans une Canourgue, nom donné languedocien de la résidence des chanoines, mitoyenne au sud de la chapelle. Lors de récentes restaurations sur le lambris intérieur de la chapelle Sainte-Foy, la découverte d’une partie d’un linteau sur le mur sud a posé la question d’une éventuelle communication entre les deux bâtiments. Cela reste toutefois à confirmer lors de travaux de plus grande ampleur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de la charte de restitution des ruines de la chapelle Sainte-Foy par S.E. Mgr de Fenouillet évêque de Montpellier en 1623 (Archives de la Confrérie)

Sans revenir sur les événements de 1622-1623 qui sont évoqués dans la section consacrée à l’histoire de la Confrérie, rappelons que c’est à la suite de l’entrée de Louis XIII dans la ville que les Pénitents revinrent à Sainte Foy. En effet, le 6 septembre 1623, Monseigneur Pierre de Fenouillet, évêque de Montpellier, restitua les ruines de son ancienne église à la Confrérie.

 

Les Pénitents blancs relevèrent dès lors leur chapelle en s’appuyant sur la base des murs médiévaux. Elle fut consacrée durant la nuit de noël 1624. En 1627 une nouvelle cloche fut posée, elle est toujours en place aujourd’hui. Toutefois en 1632, lors de la visite de Louis XIII, seul le gros œuvre était achevé et la chapelle n’était qu’un "hangar vide aux murs blanchis". Il faut dire qu''entre-temps la ville avait connu une meurtrière épidémie de peste. Puis à la suite du démantèlement du rempart de la ville, le bâtiment put être agrandi vers l’est et adopta un plan rectangulaire. Les Pénitents s’attachèrent alors à la faire décorer. C’est grâce aux dons des Pénitents et des fidèles que tous ses travaux purent être menés.

La façade nord de la chapelle avec sa curieuse galerie en encorbellement au-dessus du jardin voisin. A droite, le bâtiment de l'escalier qui mène à la salle de direction et aux archives.

 

 

 

 

 

Selon les auteurs de la fin du XIX° siècle, ce serait en 1517 ou 1518 que les Pénitents blancs se seraient installés à Sainte-Foy, peu après leur reconstitution. Toutefois rien ne vient le confirmer et Louise Guiraud ne retient pas cette hypothèse. Elle trouvait plus plausible une installation entre 1563 et 1567. La Confrérie était en revanche propriétaires de la chapelle au moment de sa destruction, en 1568. En effet, cinquante-cinq ans plus tard, les ruines de la chapelle furent restituées, et non données, à la Confrérie.

 

 

 

III - LE RETOUR DES PENITENTS A SAINTE-FOY ET SA RECONSTRUCTION

 

 

 

 

 

 

II - LA DESTRUCTION DE LA CHAPELLE

 

La destruction de la chapelle s'inscrit dans l’ensemble des troubles qui ensanglantèrent Montpellier entre 1561 et 1622. Au terme de cette période, aucun édifice religieux ne subsista, hormis les restes éventrés de la cathédrale Saint-Pierre et du couvent voisin. Les premières destructions eurent lieu en octobre 1561. Après avoir chassé les autorités catholiques de la ville, les Protestants, disciples de Calvin, assiégèrent la cathédrale où étaient retranchés les chanoines. S’en suivirent huit jours de ce que les Calvinistes nommèrent le vandalisme pédagogique c'est à dire le saccage et la profanation systématique de toutes les œuvres d’art et du mobilier des églises et des chapelles qui furent par la suite brulées. L’année suivante, ce fut le tour des faubourgs, y compris les couvents et églises hors les murs, d’être rasés par des troupes protestantes lorsque la ville fut mise en état de défense à l’approche de l'armée royale. Ainsi disparut définitivement le prieuré de Saint-Denis-de-Montpellièret. En octobre 1567 les troubles reprirent et les Protestant occupèrent tous les édifices religieux qui avaient été remis en état. Puis ils les rasèrent au printemps 1568, de peur de devoir les rendre aux catholiques, conformément aux pourparlers de paix qui se tenaient alors à Longjumeau. Suivons ici le récit qu’en fit le Philipi, ancien chanoine devenu calviniste : […] en attendant d’autres novelles de la paix se mit le populasse a razer, ruiner et desmolir ce que restoit de temple en droict [les églises occupées par les Protestants] dans la ville, comme […] Ste Foy […] le [Notre Dame du] Palais […] Ste Croix […]. Si des massacres de catholiques furent perpétrés durant ses terribles journées, souvent en réponse à d'autres, rappelons que certains Huguenots risquèrent leur vie pour sauver des prêtres et des moines pourchassés.

 

En raison de sa proximité du rempart, les ruines chapelle Sainte-Foy furent utilisées pour implanter une canonnière. Il ne resta que la façade, sauvée par la présence du pontet, et la base des murs latéraux, jusqu’à hauteur d’appui des bâtiments voisins. Les gravats des parties effondrées jonchaient le sol puis furent approximativement nivelés. En raison de leur position considérée comme stratégique, les ruines de la chapelle ne purent être relevées. Le terrain servit alors de cimetière à ciel ouvert jusqu’en 1623. Cet épisode de son histoire explique en partie les graves problèmes de stabilité et d’humidité qui désagrège le sol de la chapelle aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

      

IV - LA TOURMENTE REVOLUTIONNAIRE ET LE RETOUR DES PENITENTS

 

Le destin de la Confrérie durant la Révolution est abordé dans la section histoire de ce site. Quand à la chapelle, elle fut inventoriée et dépouillée de ses tableaux déposés dans les réserves de l’ancien collège des jésuites, l’actuel Musée Fabre. Seules les toiles de la partie avant du plafond restèrent en place. Puis les murs furent vendus comme bien national en 1793. La chapelle et son cimetière furent adjugés à Étienne Cairoche pour 39 200 livres. L’ancienne salle de direction ouvrant sur l’Esplanade et le cimetière, qui contrairement aux promesses des autorités contenaient encore des sépultures, fut par la suite revendue au Sieur Daubian à usage de maison avec jardin d’agrément. La Confrérie ne put jamais les récupérer. Tant qu’au bâtiment principal de la chapelle, il servit successivement de hangar, de dépôt de salpêtre, d’école, d’atelier….

Mais les pires excès de la tourmente finirent par cesser et les Pénitents blancs purent reprendre leurs activités au grand jour. En 1801 ils purent louer une partie de la chapelle en 1801 et obtinrent de la rendre au culte. Mais elle était sans autel, dépouillée de tout son mobilier et l’ensemble du bâtiment était en très mauvais état. De tous les tableaux volés en 1792 par les autorités révolutionnaires, ils ne purent en récupérer que trois dont deux, ayant durant vingt ans servis à boucher des fenêtres, étaient irréparables. Ils durent remeubler la chapelle et trouver les objets liturgiques nécessaires au culte, ce qu’ils firent notamment avec à l’aide de la Société Sainte-Anne. En 1805 ils purent racheter les bâtiments aux héritiers Cairoche grâce à une souscription, puis durent dédommager l’école qui occupait encore une partie des locaux. Puis ils s’attachèrent à en restaurer et compléter les décors, effort qui se poursuivit durant une trentaine d’années. Une autre conséquence lointaine de cette vente révolutionnaire fut qu’à la fin du XIX° siècle la Confrérie ne put s’opposer à la fermeture des fenêtres sud de la chapelle, la plongeant ainsi dans l’obscurité.

Cette nouvelle vicissitude, ainsi que l’impossibilité de réparer certaines des altérations de la période révolutionnaire, entraînèrent d’importantes modifications à partir de 1875. Afin de récupérer la lumière des fenêtres de la sacristie, le chœur des Pénitents fut transféré à sa place, à l’arrière de l’autel. Ce nouvel espace fut ouvert sur la chapelle par un arc rampant. La grande tribune au-dessus de la porte sur la rue, qui servait jusque-là de chœur fut abattue, et celle située en dessous agrandie. Enfin un oculus fut percé dans la façade de la chapelle. Les éléments de décors qui n’avaient plus de place furent réutilisés pour orner les nouveaux espaces créés. Toutefois ces nouvelles ouvertures ne compensèrent que faiblement la perte des fenêtres sud et la chapelle restait plongée dans la pénombre. C’est ce qui explique à cette époque l’installation d’un système d’éclairage au gaz puis à l’électricité à la pointe de la technologie.

"Le vœu de Louis XIII", de la chapelle Sainte Foy, 1812. Ce tableau fait partie des toiles peintes pour combler les vides laissés par les saisies révolutionnaires. Intervenant peu après le rachat de la chapelle, cette commande fut, par manque de moyen, confiée à J.J. Reynès, spécialisé dans les décors de théâtre et d’opéra. Ainsi s’expliquent les nombreux points de fuite et la profusion décorative de cette toile, mais aussi le manque de maîtrise des règles de la perspective par l'artiste. Naïve, elle est cependant un intéressant témoignage de ces décors éphémères. Ce tableau rappelle aussi que Louis XIII et Anne d’Autriche assistèrent à la Messe dans la chapelle durant leur séjour à Montpellier en 1632. Ils logeaient en face dans l’ancien hôtel de Jacques Cœur. Contrairement à la lègende le Roi et le Reine ne passèrent pas par le pontet au-dessus de la rue Jacques Coeur, dont rien ne prouve qu'il se soit jamais ouvert sur la chapelle.

 

Entre 1651 et 1655, la chapelle abrita le service paroissial de l’église Notre-Dame-des-Tables. En effet en attendant la fin des travaux de reconstruction du sanctuaire marial, les offices avaient lieu depuis 1622 dans la loge des marchands, ce qui était incommode pour tout le monde. Ce n’est pas sans un certain soulagement que, quatre ans après, les frères retrouvèrent le plein usage de leur chapelle après la bénédiction de l’église paroissiale.

                           

 

 

Façade de la chapelle Sainte Foy

Malgré les vicissitudes de l'histoire et la complexité des phases de sa construction, Sainte Foy présente une réelle homogénéité. Elle a cependant bien souffert des affres du temps et des déprédations des hommes, ce qui exige aujourd'hui de très importantes restaurations.

Pour des questions de préservation, la chapelle Sainte Foy n'est provisoirement pas ouverte aussi souvent que nous le souhaiterions en dehors des messes. Des permanences sont assurées les samedis de l'Avent, du Carême et de l'été de 15h00 à 19h00. Elle est aussi accessible durant les Journées du Patrimoine. Nous sommes toujours heureux de faire connaître tant la chapelle que la Confrérie. Sainte Foy peut, sur demande, être ouverte à des groupes  pour des visites commentées voir des visites à thème. De plus des visites guidées sont régulièrement organisées par l'Office du Tourisme de Montpellier.

 

DES VISITES GUIDÉES SONT ORGANISÉES CHAQUE SAMEDI D’OUVERTURE À 18 heures.

Reprenant une tradition médiévale, la confrérie a enterré ses membres et leur famille, de même qu'un grand nombre d'indigents, dans l'enceinte de sa chapelle jusqu'à la fin du XVIII° siècle. Aussi certains de leurs descendants viennent-ils régulièrement s'y recueillir, après avoir retrouvé les traces de leurs aïeux dans le mortuaire des Pénitents. Dans ce même esprit la Confrérie fait toujours régulièrement célébrer des messes de requiem pour la délivrance des âmes du purgatoire (voir les horaires).

Jacques II de Crussol (Musée des Augustins - Toulouse), deuxième Duc d'Uzès, fut entre 1562 et 1572 un des principaux chef de guerre protestant, notamment à Montpellier. Devenu catholique après la Saint-Barthélémy, il passa dans l'armée royale. Il se retrouva ainsi opposé en 1574 à son vieil enemi, Henri I° de Montmorency. Ce dernier, catholique, était gouverneur de Languedoc et s'était battu contre les Protestants, avant de s'allier avec eux, sans pour autant abjurer. Cela montre que, dans bien des cas, les  Guerres de religion ne méritent pas le nom qui leur fut donné à posteriori. Ainsi bien des mercenaires se battaient alternativement dans les deux camps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chapelle fut dotée d’un retable et surtout de l’exceptionnel plafond à caisson peint dont nous pouvons toujours voir la plus grande partie aujourd’hui. Ses murs furent habillés de lambris dorés dans les premières années du XVIII° siècle, sur les plans de Daviler, architecte des États de Languedoc. La chapelle se prolongeait alors par un cimetière se terminant, au niveau de l’Esplanade, par un bâtiment à un étage qui servait de salle de direction. En fait les Pénitents adaptèrent leur chapelle à un modèle de type italien, commun à beaucoup de chapelles de Pénitents de la période classique. Elle possédait ainsi un plan rectangulaire, à nef unique et chevet plat, une tribune au nord et une autre tribune à l’ouest servant de chœur réservé aux membres de la Confrérie. Une plaquette décrivant précisément ces décors et leur histoire est disponible à la chapelle ou sur commande. Le produit de ses ventes est destiné à financer la restauration de la chapelle.

LE RETOUR DES PÉNITENTS À SAINTE-FOY

d'après le manuscrit de Pierre Serres (vers 1724)

Les choses étant en cet état, et le prix fait pour ce bâtiment [la chapelle] ayant été baillé aux entrepreneurs, la compagnie fit une procession à laquelle assista Mr de Ventadour, lieutenant pour le Roi au gouvernement de cette province, et Mr de Valançay gouverneur de la ville pour planter une grande croix de bois  qui est à l'entrée de la chapelle. Cette croix fut portée par messieurs les prieur et sous-prieur, assistés des fréres de Grilhe et de Montaigne, et la procession ayant été faite, la croix fut mise solennellement et en cérémonie à l'endroit destiné à cela. (...) Enfin le frère Andrieu, prêtre et prieur cette année [ce qui est très inhabituel], ayant employé tous ses soins pour que ce bâtiment fut bientôt achevé, il le fut en effet au mois de décembre de la même année [1624], de manière que la chapelle était dans ce qu'on la souhaitait pour y faire l'office, et la compagnie ayant remercié le frère Andrieu de ses soins, de la peine qu'il avait prise pour cela et de la diligeance avec laquelle l'église sainte Foy avait été réparée, puisqu'elle était la première achevée [de la ville, peu avant celle des Augustins toute proche] et remise depuis la paix et la démolition que les huguenots en avaient fait en 1621. Il fut unaniment arrêté et délibéré par les confrères que, pour la plus grande gloire et sous bon plaisir de monseigneur de Montpellier [l'évêque, Monsiegneur de Fenouillet] l'office divin se commencerait en cette chapelle la nuit de noël lors prochaine [1624] et qu'il y serait continué à l'avenir.

La croix de la façade de la chapelle Sainte-Foy érigée en 1816, similaire à celle posée par les Pénitents à la suite de la procession décrite ci-dessus.

 

 

 

 

 

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Pour plus de renseignements sur la chapelle, la Confrérie a édité une plaquette illustrée de nombreuses photographies de la chapelle et du plafond. Elle est vendue au profit de la restauration de l'édifice. Pour le commander cliquez sur l'image.

 

 

 

 

 

 

 

 

À l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine 2013, la Confrérie a fait déposer le décor en bois doré afin de présenter au public l’autel en marbre invisible depuis près de 140 ans. Seul le tabernacle n’a pu être restitué, le marbre d’origine est en effet peint en doré et non recouvert comme les autres éléments. Puis après expertise de l’état des marbres, les panneaux de bois doré ont été remontés en juillet 2014.

Ci-dessus, le plafond peint reste, malgrès la perte d'un tiers de ses toiles sous la Révolution, un des ensembles les plus importants de peintures du XVII° siècle en Languedoc

Le lambris mural réalisé entre 1698 et 1706 sur les plans d'Augustin Charles d'Alivers. Les parties grises sont des fenêtres bouchées par la construction d'un immeuble mitoyen. Seuls les panneaux échancrés et les médaillons échappèrent, grâce à leur emplacement difficilement accessible, aux destructions révolutionnaires. Les autres furent remplacées au XIX° siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UNE DES PLUS ANCIENNES INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES DE LA VILLE

Plongée dans une semi-obscurité à la suite de la fermeture de ses fenêtres sud, la chapelle reçut très tôt une installation électrique. La première, le 25 mars 1876, consistait en un projecteur équipé d’un filtre rouge et d’une lampe à arc (pour plus de précisions technique, voire à la section histoire du site). Il fut offert par des soldats du Génie à l’occasion d’une Adoration Perpétuelle. Cet éclairage, installé sur la tribune, concentrait sur l’ostensoir une puissante projection […] flottait comme une auréole de saint, le cercle éblouissant de la lumière électrique à laquelle on avait donné une nuance pourpre que le regard pouvait à peine soutenir. […] elle [cette lumière] a quelque chose de mystérieux de fulgurant ; on dirait la nuée du Sinaï (L’Union Nationale 26 mars 1876). Mais c’est en 1911-1912 que sera mise en place la première installation fixe, dont l’essentiel est encore en place, même si, bien sûr, elle n’est plus utilisée. Toutefois le prix élevé de cette énergie au début du XX° siècle en fit limiter l’usage aux grandes fêtes. L’éclairage au bec de gaz subsista en parallèle, avant d’être définitivement abandonné dans les années vingt.

                  ↑ La photographie de l'inauguration de l'installation de 1911 et divers éléments encore en place. Le couronnement d'ampoules de la statue de la Vierge menaçait de tomber, il a été déposé.

  ↓ L'ancêtre des fiches multiples et divers autres contacteurs et disjoncteurs.

               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo Antoine de Parseval©.

L'essenteil de la décoration a été réalisé entre 1647 et 1706, puis restauré après la Révolution. Le fond de la chapelle à été modifié en 1876. De cette époque date aussi les vitraux au-dessus du maître-autel, dus au maître verrier Dagrant de Bordeaux. Ils représentent les quatre Evangélistes. Les bancs du XIX° siècle provenant de Lacaune (81) ont été mis en place en 2008.

 

La cloche restaurée a été remise en place. Datée de 1401, c'est l'une des plus anciennes du département (la plus ancienne est celle de Bessan fondue en 1388). Offerte à la Confrérie en 1763 par le fondeur Juste Roure,  elle fut bénie le 30 mai suivant.  Elle aurait été à l'origine fondue pour messire Etienne Quarre d'Aligny et dame Anne Philiberte de Lesval.

 

Le clocher depuis l'escalier est. Derrière l'ancien hôtel de Jacques Cœur.

LA CLOCHE DE LA CHAPELLE, DE 1401, EST UNE DES PLUS ANCIENNE DE LA REGION

La cloche déposée en septembre 2015. Les anneaux de fixation présentent une décoration de cordelière.

Une Vierge à l'Enfant, un Ecce Homo et un Saint Michel terrassant le dragon la décorent.

Elle porte les inscriptions "IHS XPISTI LIBEMCHC MARIA MCCCCI LAN DICVGIL"  en lettres gothiques, décorées de feuillages. Une croix marque le début de l'inscription.

La partie centrale est décorée d'un motif de ceinturons avec sa boucle.

La base est ornée d'une frise à motifs végétaux.

 

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Durant les travaux de réaménagement de 1876, le maître-autel en marbre polychrome, mis en place en 1805, fut entièrement dissimulé par un parement en bois doré. Ces éléments en bois doré provenaient en partie du garde-corps de la grande tribune, sculpté en 1701. Retaillés et complétés, ils furent adaptés à leur nouvel emplacement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce cadre reliquaire a été réalisé par les religieuses du couvent de la Visitation de Montpellier.

Une des bannières historiques de la Confrérie. Afin de la préserver, elle est exposée sur la tribune ouest.

L'autel latéral de Notre Dame du Très Saint Rosaire a été restauré en juin et juillet 2015. Réalisé en 1804, il avait été modifié et légèrement déplacé en 1893. Au centre, les différents marbres qui ont été identifiés par F. PARIZAT, qui a restauré l'autel. A droite, la statue de la Vierge en marbre qui se trouvait autrefois au-dessus de cet autel. Elle est aujourd'hui au fond du choeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chapelle du Saint Sacrement et le choeur au revert du maître-autel.