DÉVOTE ET RESPECTABLE
CONFRÉRIE
DES PÉNITENTS BLANCS
CONSERVATRICE
DES
CROIX PUBLIQUES

DE LA VILLE DE MONTPELLIER
SPIRITUALITÉ DE LA CONFRÉRIE
Le vitrail de l'oculus de la chapelle Sainte-Foy au centre la colombe du Saint-Esprit
Le Saint-Esprit est l'Esprit de Dieu, qui pousse à l'action les prophètes, et d'une manière plus générale non seulement les croyants mais aussi tous les êtres humains. Il est la troisième personne de la Sainte Trinité, distinct du Père et du Fils (Jésus-Christ), mais consubstantiel à eux, c'est-à-dire partageant la même essence. Il est descendu le jour de la Pentecote sous la forme de langues de feux sur les Apôtres et la Vierge Marie réunis au cénacle cinquante jours après Pâques. Le Saint-Esprit est le plus souvent représenté sous la forme d'une colombe, entourée de rayonnement ou de nuées, descendant sur la terre. La devise de la confrérie est SPRIRITUS SANCTUS UBI VULT SPIRAT (L'Esprit Saint souffle où il veut).
Plafond de la chapelle Sainte-Foy, Annonciation par P. Pezet 1670
Prière à la Vierge Marie par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
Sainte Marie, Mère de Dieu, vous avez donné au monde la vraie lumière, Jésus, votre fils - Fils de Dieu. Vous vous êtes abandonnée complètement à l'appel de Dieu et vous êtes devenue ainsi la source de la bonté qui jaillit de Lui. Montrez-nous Jésus. Guidez-nous vers Lui. Enseignez-nous à Le connaître et à L'aimer, afin que nous puissions, nous aussi, devenir capables d'un amour vrai et être sources d'eau vive au milieu d'un monde assoiffé. (25 décembre 2005, solen. de la Nat. du Sgr)
LE SAC DES PÉNITENTS BLANC DE MONTPELLIER
Chaque confrérie de Pénitent est indépendante aussi cette description ne concerne que le vêtement de notre Confrérie. Toutefois on retrouve nombre d'éléments communs dans la plus part des Confrérie de Pénitents. Même s'il fut parfois copié, y compris par certains groupes américains qui sont aux antipodes de nos convictions, notre sac reste le signe extérieur de notre engagement intérieur, d'où notre attachement à le conserver intact au travers des siècles. Il est évoqué dans plusieurs traités de liturgie et est canoniquement considéré comme un "habit en forme religieuse", c'est à dire qu' il engage symboliquement celui qui le porte. Il est béni selon une formule spécifique à chaque confrérie.
Le sac est bien plus qu'un vêtement, et tout en lui est chargé de symbole. Il remonte aux origines de nos confréries et tire son nom du "sàq" de l'Ancien-Testament, porté par le Roi David en signe de pénitence. Originellement il ne concernait que la tunique longue, mais par extension, il a aussi fini par désigner l'ensemble de la tenue. Il est utilisé lors de toutes les cérémonies de la Confrérie, que ce soit à l'extérieur ou à l'intérieur de la chapelle. Tout comme la bure des moines, il est réalisé en toile assez grossière, souvenir de son origine médiévale et de l'humilité des Pénitents. Signe extérieur et visible de notre foi et de notre spiritualité, le sac comporte quatre éléments principaux :
Le sac proprement dit consiste en une tunique laissant voir les pieds nus du Confrère (pratique interdite depuis le XVIII° siècle). Des manches longues se terminant par des dentelles dites "Louis XV" couvrent les mains. En effet on ne devait pas pouvoir identifier le rang social du Pénitent , différencier les mains marquées d'un ouvrier de celles plus soignées d'un aristocrate. Le port de gants fut parfois envisagé, mais leur prix, très élevé autrefois, leur fit préférer les dentelles. La couleur blanche renvoie à la pureté du baptême et à la lumière du Saint-Esprit auquel nous sommes voués. Chaque pénitent doit s'efforcer durant sa vie, notamment par la pratique de la Pénitence, de rester aussi pur que le jour de son baptême.
La Cape servit d'abord de manteau d'extérieur, notamment pour les visiteurs des malades. Ce n'est que tardivement que son usage fut généralisé afin, en complément des dentelles des manches du sac, de cacher les mains des confrères pour gommer les disparités sociales.
Etant sous la protection de la Vierge Marie, les Pénitents blancs de Montpellier ont une grande dévotion pour Mère du Sauveur. Aussi le calendrier de la Confrérie comprend-t-il les principales fêtes mariales.
La vie des Pénitents blancs de Montpellier est rythmée par un manuel de prière édité en 2011. Directement inspiré des livres d'heure de 1654 et 1701, il en reprend les prières quotidiennes ainsi que des prières spécifiques pour les fêtes du calendrier de la Confrérie, enrichies de celles de l'archiconfrérie du Gonfalon de Rome (à laquelle nous adhérâmes en 1928). Il comprend aussi des prières pour différentes circonstances de la vie. Bien qu'avant tout déstiné aux membres de la Confrérie, tout un chacun peut l'acquérir à la chapelle .
Les Pénitents s'efforcent de pratiquer la PRIÈRE, la CHARITÉ et la PÉNITENCE dans la FOI et l'ESPÉRANCE. Mais tous ces mots ont pris, dans le langage courant, un sens différent de celui qu'ils ont pour l'Eglise catholique. Aussi avons-nous repris sur cette page quelques textes qui viennent préciser ses termes et vous aider à mieux les comprendre. Vous pouvez aussi trouver un chemin de Croix dans la section Croix de ce site. Afin de répondre aux nombreuses questions des visiteurs de la chapelle, nous avons introduit à la fin de cette page un petit paragraphe sur les reliques, leur culte et leur statut dans l'Eglise catholique.
NOTRE CONFRÉRIE EST VOUÉEAU SAINT-ESPRIT ET SOUS LA PROTECTION DE LA VIERGE MARIE
Notre tenue est semblable au "saq" de nos origines. Mais la capuche est désormai portée repliées dans le dos. Les Soeurs, elles ne la portent pas mais ont une mantille blanche.
La cagoule ne servait pas, comme on l'a souvent répété, à maintenir le secret sur l'identité des Confrères, la liste des membres étant publique. Signe d'humilité, la personne devait entièrement disparaître, ne laissant voir que le Pénitent ; tous les frères devant alors tendre à ne plus former qu'une seule âme. Tous, de l'ouvrier au prince, étaient au sein de la Confrérie de simples Pénitents. Sans doute faut-il aussi y voir, à l'instar de la tenue des médecins contemporains, un souvenir des protections empiriques contre les épidémies que nos prédécesseurs avaient adoptées pour les enterrements. Lors de certaines cérémonies à l'intérieur de la chapelle, la cagoule laissait voir le visage du Pénitent. Plusieurs fois interdite par arrêtés préfectoraux, elle sera portée à demi relevée à partir de 1880, puis totalement repliée. Depuis le XVII°siècle les soeurs ne portent plus que la mantille.
La discipline est une ceinture de corde double parcourue de noeuds rappelant au Pénitent les engagements qu'il a pris lors de son entrée dans la Confrérie. Sa partie terminale retombe jusqu'au sol et évoque par sa forme un fouet garni de boules de laine et de pompons. Ainsi le Pénitent peut-il symboliquement battre sa coulpe pour faire pénitence sans la dimension doloriste de ce type de pratique. C'est l'élément de la tenue qui rappelle le plus directement l'idéal monastique que les Pénitents du Moyen-Age tentaient d'approcher tout en voulant rester à l'état laïc. Elle symbolise aussi le bon ordre que les statuts doivent faire régner à l'intérieur de la Confrérie, à l'instar de la règle des monastères.
QUELQUES PRÉCISIONS SUR LA SPIRITUALITÉ DE LA CONFRÉRIE
A partir du XII° siècle l'idéal du Pénitent consistera à prier avec et pour ses confrères, à renoncer symboliquement à l'amour de soi par le port du sac qui fait disparaître son aspect physique, à regretter ses fautes avec la discipline, mais aussi à faire le don de soi à l'autre, par amour de Dieu (charité). D'autres confréries, notamment dans le monde hispanique, prendront une autre voie en insistant fortement sur les mortifications physiques publiques.
Afin de mieux faire comprendre ses termes dans un sens chrétien, voici quelques textes explicatifs sur les mots de PÉNITENCE, de FOI, d'ESPÉRANCE, de CHARITÉ et de PRIÈRE.
LA PÉNITENCE : Pénitence vient de pœna, la peine. Dans le language courant ce terme signifie une œuvre affligeante et pénible par laquelle le coupable d’un délit répare les destructions matérielles ou morales dont il est responsable; cette réparation se fait sous forme de travaux, de retranchement de biens matériels, de privation de liberté. Mais pour les catholiques ce terme à une signification bien différente que nous tentons d'exposer succinctement dans les lignes qui suivent.
Le premier motif de la pénitence est de satisfaire à la justice divine. La réparation due à Dieu à cause de nos péchés est – soit volontaire ; alors elle est satisfaction – soit involontaire, violente et subie; alors elle est véritablement la peine; c’est la peine de l’enfer. La pénitence commence par la reconnaissance de notre état de pécheur; il n’y a pas de vie chrétienne sans cela : « Si l’homme ne met pas ses deux mains sur sa tête et ne dit : ‘J’ai péché’, il ne peut aimer son prochain comme lui-même. » Le vrai chrétien se souvient toujours qu’il doit comparaître au tribunal du Christ et s’établit dans la crainte de l’enfer.
Le deuxième motif de la pénitence est l’amour de Dieu. Le péché est le refus de l’amour de Dieu, le refus de l’amour du Père qui nous a créés pour nous communiquer sa vie et nous faire entrer dans son intimité. Alors la pénitence n’a plus seulement pour motif la crainte de la damnation. Elle procède aussi de l’amour du Père miséricordieux. « Comme les yeux des serviteurs vers les mains de leurs maîtres, ainsi nos yeux sont-ils tournés vers Dieu notre Seigneur, jusqu’à ce qu’il ait pitié de nous. » (Ps. 122). La crainte et l’amour, se savoir coupable et pardonné : Dieu est juge et miséricordieux, sans cela la vie chrétienne est une illusion sentimentale
Notre Seigneur Jésus-Christ est « l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ». Tous les hommes sont sauvés et délivrés de la damnation dans la mesure où ils acceptent ce salut de Jésus-Christ, ce qui se fait par l’appartenance à l’Église, par l’incorporation au Christ. Ce divin pardon nous est communiqué parce que nous sommes les membres de son Corps. Mais ce n’est pas pour nous dispenser de toute réparation. Membres du Christ, sauvés et pardonnés parce que membres de Jésus-Christ, la satisfaction du Christ devient la nôtre par deux moyens inséparables et nécessaires : les sacrements et les œuvres de la pénitence chrétienne.
La racine du péché est l’amour de soi (philautie). La pénitence est essentiellement renoncement à soi-même, à sa volonté propre. « Rien n’est aussi profitable à l’homme que de retrancher sa volonté propre. » Renoncer à sa volonté, c’est-à-dire s’appliquer à faire la volonté des autres (sauf le péché évidemment, ou ce qui est contraire au bien commun), accepter sans murmurer toute situation désagréable. Pour éviter les excès, les pénitences doivent être soumises à la charité et à la pratique du devoir d’état. Il faut les accomplir « au moment et dans la mesure qui conviennent; car ce qui est immodéré et inopportun dure peu, et ce qui dure peu est plus nuisible qu’utile. »
La Pénitence est d'abord le regret de ses pêchés, c'est se reconnaître coupable devant Dieu. Cela ne signifie pas rester dans un état de tristesse ; la tristesse, dénoncée par les Pères comme un des vices fondamentaux. Par la pénitence, le chrétien actualise en lui-même la rédemption. Bien loin de détruire la nature, la pénitence tend à la restaurer dans l’état originel, à la ressemblance de Dieu. (Texte insp. par des instructions de l'ab. b. ND de B.)
LA CHARITÉ : C'est la vertu qui nous aide à préférer Dieu et Ses volontés à toute autre chose. Cette vertu nous aide à aimer Dieu pour Lui-même, c'est-à-dire en raison de ce qu'Il est. Et, par conséquence logique, notre prochain quel qu'il soit. La raison en est que, malgré les défauts que nous pourrions lui connaître, ce prochain a été créé lui aussi "à la ressemblance de Dieu".
L'amour que nous devons porter à Dieu, n'est pas nécessairement un effet ou une manifestation de la sensibilité. C'est un amour que l'on pourrait appeler "amour rationnel", parce que produit par la raison qui considère Dieu comme étant l'être le plus parfait par rapport à tous les autres êtres que nous connaissons,ou que nous pouvons imaginer.
On s'expose à perdre la Charité envers Dieu par l'acceptation habituelle du péché dans notre vie. De même qu'on s'expose à porter atteinte à notre amour du prochain, dans la mesure où nous délaisserions plus ou moins la charité fraternelle en des domaines où nous devrions être attentif à ce même prochain. Aimer notre prochain, c'est d'abord le respecter comme créature faite à l'image de Dieu; c'est ne pas le gêner sans motif ; c'est lui souhaiter du bien et, selon les circonstances, lui être utile et agréable, tout en veillant à une certaine discrétion et, parfois, à la nécessaire prudence. (Ex. de textes de M. l'abbé Lucien Arène)
L'ESPÉRANCE : C'est l'attente confiante d'une chose qui arrivera certainement et nécessairement, parce que c'est Dieu qui l'a promis ainsi. (Tandis qu'avoir l'espoir, c'est espérer une chose qui se produira peut-être, mais sans certitude).
La vertu d'Espérance donc la vertu surnaturelle par laquelle nous attendons sereinement la Grâce de Dieu, si nous sommes fidèles ; puis, dans les mêmes conditions, la Vie Éternelle que Dieu a promise à ses fidèles serviteurs. Cette vertu nous fait espérer aussi tous les secours surnaturels nécessaires à l'acquisition de la Grâce et de la Vie Éternelle. Les conditions logiquement nécessaires pour obtenir ces biens spirituels sont principalement : l'intention droite, l'exercice des bonnes œuvres et du devoir d'état, l'usage des Sacrements et de la prière, ainsi que celui des autres vertus. Et on s'exposerait à diminuer les effets de la vertu d'Espérance, voire à sa perte, si on agissait avec présomption ou désespoir. (Extrait de textes de M. l'abbé L. Arène)
LA PRIÈRE : La prière prend sa source dans la grâce baptismale. Le baptême nous a consacrés et a établi entre nous et Dieu un lien d'amitié et de filiation. La prière n'est que l'actualisation de cette amitié, l'exercice de notre filiation divine.
Le chrétien n'est vraiment lui-même que dans la prière. Le Christ lui-même en est la meilleure démonstration. Car son être, sa relation à son Père, se manifestent justement dans sa prière. Les disciples l'ont ainsi compris quand il lui demandèrent: "Seigneur, apprenez-nous à prier!". Jésus leur a légué le Notre Père. Avant même qu'il y ait un Credo comme somme de la foi chrétienne, ce texte tout simple récapitule exactement, en forme de prière, l'essence du christianisme: cette relation entre Dieu et l'homme que le Fils unique de Dieu fait homme a établie en sa propre personne .
Notre Seigneur ne nous a pas dit : priez à telle heure, pendant tant de minutes, mais il faut prier sans cesse, sans interruption (Luc 18,1). La prière est l'annonce et le commencement de la vie éternelle à laquelle nous sommes tous appelés. C'est à quoi doit tendre tout l'effort du chrétien : "mériter de posséder, dès cette vie, comme un avant-goût, dans son corps mortel, de la vie et de la gloire du ciel. Tel est, dis-je, le terme de toute la perfection: que l'âme soit à ce point délestée des pesanteurs charnelles, qu'elle monte chaque jour vers les sublimités des réalités spirituelles, jusqu'à ce que toute sa vie, tout le mouvement du coeur deviennent une prière unique et ininterrompue." C'est pourquoi la prière n'est pas réservée à certains moments. Ce qui importe avant tout, ce n'est pas la longueur des temps de prière, c'est d'avoir l'esprit de prière. Il ne s'agit pas d'y ajouter du temps, mais de transformer tout en prière: travail manuel ou intellectuel, enseignement, promenade, conversation, repas… (Texte insp. par des instructions de l'ab. b. ND de B.).
Mais la prière ne doit pas nous apparaître comme un idéal inaccessible à notre pauvre condition, comme une recherche d'excellence humaine. La difficulté et la secheresse dans la prière doivent aussi être offertes à notre Seigneur, car prier n'est pas toujours facile. "Il faut bien comprendre d’abord que ce n’est pas parce que la prière est agréable qu’elle est de qualité ! Et ce n’est pas parce qu’elle est aride et laborieuse qu’elle a moins de prix aux yeux de Dieu ! Et si nous venons à la prièreparce qu’elle est agréable, est-ce que nous y venons pour Dieu ou pour nous ?…" (Carmel de France)
LA FOI : Sa sainteté, le Pape Benoît XVI a souhaité faire de 2012 une anée de la FOI: Voici quelques courts extraits de son Motus Proprio PORTA FIDEI.
"Par son amour, Jésus-Christ attire à lui les hommes de toutes générations: en tous temps il convoque l'Eglise lui confiant l'annonce de l'évangile, avec un mandat qui est toujours nouveau. C'est pourquoi aujourd'hui aussi un engagement ecclésial plus convaincu en faveur d'une nouvelle évangélisation pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l'enthousiasme de communiquer la foi est nécessaire. L'engagement missionnaire des croyants, qui ne peut jamais manquer, puise force et vigueur dans la redécouverte quotidienne de son amour. En effet, la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d'un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie. "Donc, la foi grandit et se renforce seulement en croyant; il n'y a pas d'autre possibilité pour posséder une certitude sur sa propre vie sinon de s'abandonner, dans un crescendo continu, entre les mains d'un amour qui s'expérimente toujours plus grand parce qu'il a son origine en Dieu".
"Nous voudrons célébrer cette Année de manière digne et féconde. La réflexion sur la foi devra s'intensifier pour aider tous ceux qui croient au Christ à rendre plus consciente et à revigorer leur adhésion à l'Évangile, surtout en un moment de profond changement comme celui que l'humanité est en train de vivre. Nous aurons l'opportunité de confesser la foi dans le Seigneur ressuscité dans nos cathédrales et dans les églises du monde entier ; dans nos maisons et auprès de nos familles, pour que chacun ressente avec force l'exigence de mieux connaître et de transmettre aux générations futures la foi de toujours. Les communautés religieuses comme celles des paroisses, et toutes les réalités ecclésiales anciennes et nouvelles, trouveront la façon, en cette Année, de rendre une profession publique du Credo... Nous désirons aussi que cette Année suscite en chaque croyant l'aspiration à confesser la foi en plénitude et avec une conviction renouvelée, avec confiance et espérance. Ce sera aussi une occasion propice pour intensifier la célébration de la foi dans la liturgie, et en particulier dans l'Eucharistie... En même temps, nous souhaitons que le témoignage de vie des croyants grandisse en crédibilité. Redécouvrir les contenus de la foi professée, célébrée, vécue et priée, et réfléchir sur l'acte lui-même par lequel on croit, est un engagement que chaque croyant doit faire sien, surtout en cette Année".
"L'Année de la foi sera aussi une occasion propice pour intensifier le témoignage de la charité... Foi et charité se réclament réciproquement, si bien que l'une permet à l'autre de réaliser son chemin. En effet de nombreux chrétiens consacrent leur vie avec amour à celui qui est seul, marginal ou exclus comme à celui qui est le premier vers qui aller et le plus important à soutenir, parce que justement en lui se reflète le visage même du Christ. Grâce à la foi nous pouvons reconnaître en tous ceux qui demandent notre amour, le visage du Seigneur ressuscité... Parvenu désormais au terme de sa vie, l'Apôtre Paul demande à son disciple Timothée de rechercher la foi avec la même constance que lorsqu'il était jeune. Entendons cette invitation adressée à chacun de nous, pour que personne ne devienne paresseux dans la foi. Elle est une compagne de vie qui permet de percevoir avec un regard toujours nouveau les merveilles que Dieu réalise pour nous. Engagée à saisir les signes des temps dans l'aujourd'hui de l'histoire, la foi incite chacun de nous à devenir signe vivant de la présence du Ressuscité dans le monde. Ce dont le monde aujourd'hui a particulièrement besoin c'est du témoignage crédible de tous ceux qui, éclairés dans l'esprit et dans le cœur par la Parole du Seigneur, sont capables d'ouvrir le cœur et l'esprit de beaucoup au désir de Dieu et de la vraie vie, celle qui n'a pas de fin"."Le chrétien ne peut jamais penser que croire est un fait privé. La foi, c'est décider d'être avec le Seigneur pour vivre avec lui. Et être avec lui introduit à la compréhension des raisons pour lesquelles on croit. La foi, parce qu'elle est vraiment un acte de la liberté, exige aussi la responsabilité sociale de ce qui est cru... La profession de la foi elle-même est un acte personnel et en même temps communautaire. En effet, c'est l'Eglise le premier sujet de la foi. Dans la foi de la communauté chrétienne chacun reçoit le baptême, signe efficace de l'entrée dans le peuple des croyants pour obtenir le salut... Comme on peut l'observer, la connaissance des contenus de foi est essentielle pour donner son propre assentiment, c'est à dire pour adhérer pleinement avec l'intelligence et la volonté à tout ce qui est proposé par l'Eglise. La connaissance de la foi introduit à la totalité du mystère salvifique révélé par Dieu. L'assentiment qui est prêté implique donc que, quand on croit, on accepte librement tout le mystère de la foi, parce que Dieu lui-même qui se révèle et permet de connaître son mystère d'amour, est garant de sa vérité". (...)

Les Pénitents priant autour de l'autel (Fer XVIII° siècle)
 (Copier).jpg)
Le Sacré-Coeur sur le lambris de la chapelle Sainte-Foy. Le Coeur est aussi habituellement associé à la charité.

Les Pénitents blancs représentés autour de la scène de la Pentecôte (Heure des Pénitents blancs de Montpellier - XVIII° siècle.
LES TROIS VERTUES THEOLOGALES
FOI - ESPÉRANCE - CHARITÉ
.jpg)
L'ancre symbolise l'Espérance.
L'association sur les trois panneaux au-dessus du choeur de la chapelle Sainte-Foy de la croix (image précédente), de l'ancre et du coeur (image suivante) rend hommage à la Camargue, toute proche.
 (Copier).jpg)
La Croix avec ses extrémités trilobées, est associée à la Foi et à la Sainte Trinité, ici sur le lambris de la chapelle Sainte-Foy.
Les trois vertues théologales doivent constituer une règle de vie pour chaque chrétien, et plus encore pour les Pénitents blancs. Elles sont au coeur de notre engagement.
LES RELIQUES ET LEUR CULTE
Comme beaucoup d'églises, notre chapelle contient plusieurs reliques, dont celle remarquable de la Sainte-Vraie-Croix. C'est l'occasion pour nous de faire une petite mise au point à ce sujet sur lequel tout et son contraire a souvent été dit.
La dévotion pour les reliques trouve son origine dans les persécutions dont furent victime les premiers chrétiens. Durant ces sombres périodes, ils essayaient de récupérer tout ou partie du corps de ceux d'entre eux qui avaient été martyrisés, afin d'en garder le souvenir, de préserver leurs dépouilles de l'humiliation et de prier en union avec eux. C'est ainsi que se développa la pratique de la célébration du saint sacrifice de la messe autour de ses premières reliques. Les autorités romaines, voulant mettre fin à ses "réunions" clandestines, recherchaient les reliques pour les détruire. Ils faisaient, en outre, surveiller les lieux d'exécution ou incinérer les corps puis disperser leurs cendres.
Avec la fin des persécutions, à la suite de l'édit de tolérance de Constantin en 313, l'Église s'appliqua à vérifier tant l'existence et la sainteté des réputés martyrs que l'authenticité de leurs reliques. Les sources principales de ce travail furent les archives de l'administration romaine grâce notamment aux minutes des procès des martyrs et, pour les contemporains, les récits concordants de témoins directs. Afin d'éviter la multiplication de certaines dérives, l'Église dut aussi préciser ce que devait être le culte rendu aux reliques, un culte indirect. C'est à dire que la vénération des reliques est un moyen de rendre un juste culte à Dieu, au travers des objet que le Christ a lui même touché, ou par l'intermédiaire des ses saints. Ainsi on adore pas des reliques, mais on les vénère, car c'est Dieu seul que l'on adore en sa Sainte Trinité. C'est par ce même moyen que certaines reliques sont associées à des miracles ou à des guérisons miraculeuses, manifestations de la puissance divine, et non d'une puissance "magique" de l'objet lui-même.
Si l'Église catholique encourage cette vénération des restes des saints, c'est aussi parce que, suivant son enseignement, l'âme est unie au corps, non seulement durant notre vie terrestre, mais aussi au jour du jugement dernier lorsque les élus ressusciteront avec leur âme et leur corps et où les damnés souffriront dans leur chair. C'est avec un respect tout particulier que l'Église catholique considère les fragments des corps des saints martyrs. Ils témoignent de ces terribles exécutions qui, offertes avec soumission à Dieu, leurs valurent les palmes du martyre et leurs ouvrirent toutes grandes les portes du royaume de Dieu. C'est ce qui fait que les reliques sont beaucoup plus que des souvenirs historiques, c'est un moyen proposé par l'Église de louer Dieu.
Mais en dehors du culte des reliques lui-même, beaucoup de nos contemporains s'étonnent, parfois à juste titre, du nombre anormalement élevé de reliques encore en circulation, malgré le nombre restreint des saints et les vicissitudes de l'histoire. Mais cette apparente contradiction vient de la confusion entre plusieurs sortes de reliques.
Les reliques de première classe : il s'agit d'objet directement liés à la vie de Notre Seigneur Jésus Christ (comme la Sainte Croix) ou d'une partie du corps d'un saint (allant d'un minuscule fragment au corps entier).
Les reliques de deuxième classe : il s'agit d'objets dont un saint à fait usage de manière habituelle ou qu'il a touché de son vivant (un morceau de vêtement, un objet de dévotion lui ayant appartenu, ... ).
Les reliques de troisième classe : il s'agit d'objet ayant étés mis en contact avec une relique d'une des deux premières classes sous la surveillance des autorités de l'Église catholique. Il ne s'agit pas, comme on le dit parfois, de faux officiels, mais d'objets de dévotion, souvent d'une matière similaire à l'original, généralement destinée à un usage privé, afin de soutenir la prière des fidèles. Beaucoup de ces reliques, disposées dans des custodes, ornaient les oratoires privés qui se multiplièrent à partir du XVI° siècle.
Chaque relique, pour être considérée comme telle par l'Église catholique, doit être scellée et accompagnée d'un "authentique". Ce document, frappé d'un sceaux d'attestation, précise pour chaque relique sa description, sa nature, les circonstances de son "invention" (conditions dans lesquelles elle a été isolée, retrouvée ou fabriquée pour la troisième classe). Mais ces "authentiques", généralement rédigés en latin, ont souvent été égarés. Ainsi, l'étonnement devant le grand nombre de reliques vient du fait que beaucoup de celles que nous croyons être du premier ordre sont en réalité du troisième et ont perdus leur authentique.
Les reliques les plus précieuses ne sont généralement sorties de leur chasse ou montrées que lors d'ostensions solennelles. Cela permet de les préserver mais est surtout un signe de respect. Ainsi par exemple dans notre chapelle une relique de la Vraie Croix de troisième ordre est habituellement exposée dans un reliquaire du choeur, tandis que celle de premier ordre n'est vénérée que pour des occasions particulières.
S'il est toujours possible de s'interroger sur l'authenticité ou la classe de telle ou telle relique en particulier, car les faussaires ont toujours existés, le plus important est que leur vénération nous aide à prier et à louer Dieu. Objet de dévotion populaire depuis des siècles, elles méritent aussi, à ce titre, tout notre respect.